29 dimanche TO B - une bonne place
L’époque est au népotisme. Vous ne trouvez pas qu’il souffle un peu partout un vent de favoritisme (sur la France comme sur l’Evangile)?
Allez les gars, faites pas vos vierges effarouchées, ben oui quand on connait quelqu’un de bien placé y’a pas de mal à lui demander de nous garder une petite place, mais non c’est pas de l’injustice, c’est comme ça que ça marche et puis ce qu’on brigue c’est une place selon nos compétences, une place que nous aurions méritée par nos années à le suivre, à l’imiter, C’est bien humain les meilleurs d’entre nous y tomberaient ! Pas la peine de leur jeter la première pierre.
Eh ouais les temps n’ont pas changé, écoutez les fils de Zébédée « Seigneur accorde nous de siéger l’un à ta droite, l’autre à ta gauche dans la gloire »une place à droite une place à gauche, une place à la défense une autre à l’EPAD.
Décidément rien de nouveau sous le soleil. Si une chose a changé sous le soleil : la réponse du Seigneur, la réponse du puissant, du Tout-Puissant : « celui qui veut devenir grand sera votre serviteur, le fils de l’homme est venu pour servir et donner sa vie. »Pris comme ça c’est pas franchement motivant, alors que vous allez devoir trimer comme des brutes pendant une deux trois années pour être le premier (ben oui c’est bien ça que vous voulez, être le premier, un winner, un loup ) et qu’est ce que vous entendez dans la bouche de Jésus : « celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous » pas du tout motivant comme speech : écoute Jésus j’ai deux mots à te toucher : « en com, t’es nul ! C’est pas comme ça qu’on attrape les gars c’est pas comme ça qu’on monte une boite pérenne, solide, ton truc, comment t’appelle ça déjà ? L’Eglise catholique, ouais eh ben ton truc ça va se casser la gueule promis, j’te donne pas dix ans, avec un discours comme ça tu vas à la catastrophe, c’est le dépôt de bilan assuré, allez un conseil d’ami. Arrête avec tes discours de loosers, prends un bon communiquant et attaque le marché, attaque fort, le consommateur y veut un truc sexy, un truc puissant, faut qu’ça pète !
« Vous serez l’esclave de tous », c’est pas possible, t’en connais un seul qui veut être l’esclave de tous, le larbin, la boniche ah si t’as cosette et cendrillon mais à part ça ??? Tu sais ce que t’es en train de bâtir : une religion de faible, de lopette : il avait raison Nietzsche en fait ton truc Jésus, ta religion c’est un truc de faible, une religion d’esclave, c’est désespérant. Regarde les fils de Zébédée plein d’allant, d’ambition, prêts à tout pour parvenir au sommet : « pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » et eux comme un seul homme « oui nous le pouvons yes we can ! » et Jésus au lieu de s’appuyer sur des gars surmotivés comme ça qu’est ce qu’il fait, il les démoralise.
Non Jésus ne nous démoralise pas il nous évite une immense désillusion et nous donne une triple leçon, il nous évite la désillusion de croire que nous pouvons sauver le monde avec nos seules forces et il éveille en nous l’espérance de le changer en s’appuyant sur lui.
Trois pistes pour réhabiliter la faiblesse dans un monde de fort,
Trois pistes pour aimer la faiblesse dans un monde de brutes, dans un monde qui ne fait pas de place au faible et au petit, au petit vieux qui va mourir ou au petit enfant qui ne naîtra jamais.
Trois chemins pour exalter la faiblesse comme la seule alternative pour changer notre monde.
Une première piste toute humaine (mais tout ce qui est authentiquement humain est nôtre).La faiblesse, la pauvreté est le lieu de la créativité, de l’ingéniosité, de la fécondité. Vous vous souvenez peut être de cette pub où un gamin se fait un moulin à eau avec trois brindilles et deux baguettes et le slogan était "le plaisir des choses simples". Y’a du vrai là-dedans et de fait ça contraste pas mal avec la dernière pub pour la Wii.
Une seconde piste toute biblique : Dieu choisit les petits pour faire éclater sa gloire, il choisit le vieil Abraham pour être le père d’une multitude, il choisit le jeune David pour tatanner le gros Goliath, il choisit la faible Judith pour dégommer Holopherne, il choisit Paul qui se complait dans ses faiblesses « lorsque je suis faible c’est alors que je suis fort » il les choisit pour que chacun d’eux compte plus sur la puissance de Dieu que sur leurs propres forces.
Mais ces deux premières pistes ne vaudraient rien sans cette troisième piste, celle qu’a empruntée Dieu en son fils Jésus. Dieu lui-même s’est fait faible, il a partagé notre faiblesse, certainement pas pour nous déviriliser comme le disait Nietzsche mais pour nous déifier comme dit saint Athanase : « le fils de dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu » lui le tout puissant s’est fait le tout faible, il assume notre humanité pour la transfigurer, il vient habiter notre faiblesse pour que sa puissance habite en nous.
Mais qu’est ce que ça implique pour toi ? Qu’est ce que ça veut dire au juste ? ça veut dire que pour laisser le Christ habiter en toi, pour recevoir sa force, il faut reconnaitre ta faiblesse. Tant que tu crois que tu peux tout par toi-même, Jésus-Christ ne peux rien pour toi, tant que tu n’as pas éprouvé ta faiblesse il ne te donnera pas de goûter sa puissance.
S’il te demande d’aimer la faiblesse c’est pour te rendre fort
S’il te demande d’aimer la pauvreté c’est pour t’enrichir
S’il te demande d’aimer l’humilité c’est pour t’élever
S’il te demande d’aimer son cœur, c’est pour changer ton cœur
S’il te demande de t’abandonner à lui c’est pour faire de toi ce saint que le monde attend.