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Annonciation

 

Alors on écume les salons d’orientation, info sup, les bilans d’acadomia, les conseillers d’orientation… pour savoir ce qu’on va faire de sa vie, C’est un vrai problème de savoir ce qu’on va faire plus tard : Eleveur de truite, bucheron en haute Ariège, traders…

Qu’est ce que je pourrai bien faire plus tard, me marier ou devenir religieuse ? Seigneur que veux tu que je fasse de ma vie ?

Tous on veut faire la volonté de Dieu parce qu’on est de bons catholiques, parce que les curés nous disent depuis toujours que c’est bon de faire la volonté de Dieu, mais au fond on sait pas trop ni ce qu’est la volonté de Dieu, ni comment ça se manifeste ni encore comment y répondre, alors avec ça on est bien avancé.

 

Et plus on approche de la fin de ses études plus on se dit, je me plante, je me plante…

Enfin c’est un peu pareil pour le mariage, ou l’ordination bien souvent plus on approche de l’heure fatidique plus les questions s’accumulent.

C’est déjà pas simple mais pour peu qu’en plus on soit catholique, alors là on se torture encore plus parce que s’ajoute à toute ces question : est ce la volonté de Dieu ?

Faut avouer que bien souvent nous nous faisons une idée de la volonté de Dieu assez tyrannique : Dieu à une volonté sur toi de toute éternité il sait ce que tu dois faire, il a un plan pour toi ! Et nous un peu penaud tremblant sur notre prie Dieu nous attendons que la volonté de Dieu se révèle dans le fracas du tonnerre et l’éblouissement intérieur, les yeux fermés les mains jointes nous prions instamment : Seigneur, s’te plait, pourvu que ce soit pas curé, non pas curé je supporte pas le noir !! Ou encore pourvu que ce soit pas de me marier avec Gisèle elle est trop moche j’pourrai jamais tenir toute une vie avec elle. Comme s’il s’agissait d’un plan préétabli de toute éternité auquel on ne puisse échapper. alors voyons dit Dieu aujourd’hui il me faut : un plombier, deux paysans et un souffre douleur : alors toi je t’ai fait pour planter du blé toute ta vie, toi pour tordre des tuyaux et toi je t’ai fais pour être cosette à récurer les fourneaux toute ta vie, et y’a pas de mais ma petite cosette, on discute pas, c’est comme ca ! C’est moi le boss, c’est moi qui choisi.

Parce que vous croyez que faire la volonté de Dieu ça se joue sur un coup de dé comme ça en une seconde, tu dis oui et après t’es peinard pour le reste de ta vie, en roue libre...

Regardez Marie, regardez cet épisode de l’annonciation, le grand oui de marie : « voici la servante du seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »

Vous pensez que c’est le seul oui de marie. relisez votre évangile, pas une apparition de marie qui ne soit pas un oui :  Oui à la visitation « elle partit en hâte chez sa cousine Elizabeth » ; oui, devant le vieillard Siméon, elle offre son premier né ; oui, au temple de Jérusalem quand elle retrouve son enfant, « et qu’elle garde tous ces événements dans son cœur » ; oui à cana : « faites tout ce qu’il vous dira » ; oui à la croix, elle consent encore, une dernière fois, debout.

Il y a ces oui dont nous parlent l’évangile mais il y a aussi tout ces autres oui, tout ces oui de marie, tous ces oui secrets, ces oui discrets, tous les petits consentements qui ont tissé ses journées, toute sa vie d’étape en étape, de oui en oui elle s’est avancée, elle a préparée son grand oui.

Et bien c’est pareil pour nous, si un jour tu veux connaître la volonté de Dieu, si un jour tu veux lui dire oui, commence aujourd’hui ; la volonté de Dieu elle n’est pas pour demain, elle n’est pas loin devant toi, elle est pour aujourd’hui, elle n’est pas dans les choses immenses dont tu rêves mais dans les choses humbles que tu fais… aujourd’hui.

C’est en acceptant chaque jour de suivre le Seigneur que nous faisons sa volonté et un jour naturellement il nous demandera de prononcer un oui décisif et nous le prononcerons tranquillement, parce que nous nous serons entrainé au oui, parce que notre oui sera dans la continuité de tout ces autres oui. Et ce grand oui, ce fiat qui décidera de notre vie il sera suivi d’une multitude d’autre oui, (des joyeux d’autre douloureux car rien de grand ne se fait sans sacrifice) parce que nous aurons gouté la joie du oui.

D’accord mon père mais ces oui à la pelle, ces tartines de oui, ça fait de l’église et des catholiques une belle compagnie de simplet et de béni oui-oui.

Loin de là, c’est nous qui avons fait du oui le signe de la faiblesse.

Bien sur on nous apprend que dans le monde le fort c’est celui qui sait s’opposer, celui qui sait dire non.

Le prudent, le rusé, c’est celui qui suspend son jugement celui qui dit peut être.

Le faible c’est celui qui accepte tout.

Voila ce que pense le monde, voila ce que le monde met en application dans ces écoles de management, dans ses techniques d’agit’prop, dans ses médias et dans ses manifestations. Opposez vous d’abord, et si possible faites le bruyamment, réfléchissez ensuite (le moins possible) et discutez avec celui qui est en face de vous s’il vous reste du temps.

C’est peut être la loi du monde, c’est peut être comme ça que le monde fonctionne mais permettez moi de ne pas m’en contenter, permettez moi de remettre en cause la technique du non, de l’opposition systématique, permettez moi de contester ses résultats, non décidément ce monde ne me plait pas, cette société bâtie sur le non ne me plait pas, elle sent le refus et la mort.

Permettez-moi de choisir une solution alternative, permettez-moi de choisir la vie, de choisir le oui. Pour une autre société, une autre civilisation, permettez-moi de me ranger derrière un autre chef : Marie, Notre Dame du Oui.

 

C’est pour ça qu’aujourd’hui nous venons auprès de toi Marie, parce que nous ne voulons pas nous contenter de ce monde, parce que ni le « non », ni le « peut être » ne nous font rêver, parce que la seule chose qui nous attire c’est le oui, le oui généreux, le oui qui se donne sans arrière pensée, le oui qui fait trembler les puissant, qui réconforte les hésitants, qui relève les accablés.

 

O Marie mère de Dieu et notre mère apprends nous chaque jour à répondre oui.