Annonciation 2010 - Notre Dame de la vie
Chaque 25 décembre on s’émerveille devant le mouflet joufflu de la crèche, oh vous savez c’est comme ça chaque fois chaque fois que vous mettez trois personnes autour d’un berceau : « oh comme il est mignon », ben oui c’est si mignon un petit homme, un petit bébé, c’est tellement attendrissant. Jésus a donc été un enfant, mais aujourd’hui c’est le 25 mars, et si vous comptez bien c’est 9 mois avant le 25 décembre, c’est pas complètement un hasard si on fête l’annonciation 9 mois avant la naissance de Jésus, c’est le réalisme de l’incarnation Jésus a été un homme un vrai homme, il a tout connu de notre vie d’homme (sauf le péché, vous me direz que c’est pas rien ! mais ça c’est une autre histoire) et pour faire un homme, il faut qu’il passe neuf mois dans le ventre de sa mère, neuf mois ou Marie a gardé Jésus, neuf mois où la grâce l’a habitée, c’est elle que l’ange appelle « pleine de grâce », parce qu’elle est pleine de celui qui est la grâce, saint Luc dans son évangile nous dit que « Marie gardait toutes ces paroles dans son cœur », là il ne s’agit pas seulement d’une méditation mais de la garde de la Parole, du fils de Dieu qui est le verbe, qui est la parole. Neuf mois d’intimité profonde, neuf mois où Marie va goûter la divinité, la divinité du fils neuf mois où Jésus va goûter l’humanité, l’humanité qu’il tient de sa mère.
Ce que nous fêtons aujourd’hui en Marie c’est la vie, c’est le choix de la vie qu’a fait Marie, elle aurait pu refuser ce choix, refuser ce que l’ange lui proposait, continuer sa vie peinard à Nazareth, non ! Marie a dit oui, elle a choisi la vie et à sa suite l’Eglise s’engouffre dans cette immense élan, de toujours choisir la vie, la vie à tout prix, de la défendre coûte que coûte (parce qu’elle n’a pas de prix), de la défendre contre vents et marées, de la défendre contre toute les cultures de mort, contre tous les arguments mortifères qu’on nous oppose aujourd’hui (et ils sont nombreux).
C’est quoi une société qui ne défend plus les plus faibles de ses enfants ? C’est une société violente une société qui insensiblement glisse vers le totalitarisme ; on reconnait le degré de civilisation d’un peuple à la place qu’il fait aux plus petits des siens, que vaut une nation où il n’y a de place que pour les forts, que pour les puissants ?
Marie dit oui à la faiblesse, Marie accueille en son sein ce qu’il y a de plus vulnérable, un enfant, et ne croyez pas que la violence n’est que de notre temps, regardez Hérode qui commande de mettre à mort tous les premiers nés de sexe masculin, n’est-ce pas la préfiguration de cette conspiration contre la vie ? Depuis toujours et pour toujours l’Eglise défendra la vie de sa conception à sa fin naturelle, elle le fera parce qu’il n’y a pas de choix plus beau.
Ce monde qui fait une telle violence aux mères, aux enfants dans le ventre de leur mère, aux familles, nous le refusons, nous le combattons et nous ne pouvons pas nous taire, nous ne voulons pas nous taire. C’est certain c’est plus confortable de se taire parfois, on prend moins de risque en se taisant, en oubliant que le 25 mars est 9 mois avant le 25 décembre, en oubliant que c’est aujourd’hui que commence l’incarnation. Mais nous ne pouvons pas accepter le mensonge, de la même manière que nous avons fait le choix de la vie, nous faisons celui de la vérité et de la justice.
Oui L’église nous dit la vérité, et elle la répètera à temps et à contre temps, Bernanos disait à un tout autre propos : « Enfants de France, ils vous disent que je répète toujours la même chose. C’est qu’il faut bien que je vous répète la vérité autant de fois qu’ils vous ont répété le mensonge » alors oui quand plus personne ne dira la vérité, quand tout le monde se taira l’Eglise continuera à parler. Mais elle ne se contente pas de parler, elle accompagne, elle soulage, elle enseigne, elle console, elle pardonne, elle est une mère.
Notre Dieu est riche en miséricorde, il n’y a aucun péché qu’il ne puisse, qu’Il ne veuille pardonner, Il ne veut laisser aucun de ses enfants seul dans la détresse, il nous tend la main, ne restez pas seule, ne restez pas seule devant ce drame, ne laissez personne seul dans la détresse, ne portez pas seule un fardeau dont le Seigneur veut vous guérir, approchez-vous de lui, de sa miséricorde, du sacrement de son pardon. Il veut vous relever, il veut que nous vivions.
Notre Dame de l’annonciation, Notre Dame du oui, Notre Dame de la vie, gardez vos enfants.