Homélie du Père Georges Colomb pour la fête de Pentecôte
Chers amis, la fête de la Pentecôte clôt le temps pascal. Pâques, Ascension, Pentecôte, c’est la fête de l’Esprit.
1) L’Esprit Saint nous est donné, nous sommes donc capables de proclamer les merveilles de Dieu.
2) Nous sommes des fils, nous rappelle Saint-Paul et cette filiation fait de nous des héritiers.
3) Dans la vie ordinaire dans laquelle nous entrons, nous ne sommes pas abandonnés, nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes, l’Esprit Saint est notre défenseur, notre avocat, il est l’esprit de vérité.
Aujourd’hui nous venons de l’entendre : le vent, le feu, la foule qui représente de nombreuses ethnies est présente, image de l’Eglise universelle naissante !
Ils sont là ceux qui ont suivi Jésus de Nazareth, rejoints par d’autres. Ils ont été les témoins de ses miracles, de ses guérisons, de ses prises de paroles courageuses. Ils sont là ceux qui l’ont accueilli avec des palmes, puis qui l’ont renié, trahi, fui, abandonné ! Tout semblait perdu et puis le Christ, le Ressuscité leur a donné l’espérance. Il leur a donné sa paix, son pardon, il les a préparés à la venue de l’Esprit saint. Ils sont passés du désarroi à l’espérance, de l’incrédulité à la foi, de l’angoisse à la joie, de la peur à l’audace. Désarroi : après la mort de Jésus bien sûr ! Jésus mis à mort dans des conditions humiliantes. Ils avaient tout quitté pour lui. « Quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Luc 16,33) et au-delà du rêve bien légitime en faveur de la libération de leur nation, les paroles du Christ leur avaient fait pressentir une libération spirituelle, un chemin de vie, de vie éternelle. Pierre l’avait même professé en disant « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle, tu es la saint de Dieu » Jean 6,68-69. Puis il dira « tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » Matt. 16, 16.
Aujourd’hui, qu’en est-il ? Aujourd’hui l’Eglise se rassemble partout dans le monde. Au grand jour ou cachés à cause de la persécution, les chrétiens s’expriment en des langues différentes professant la même foi.
Voyons :
- comment proclamer les merveilles de Dieu aujourd’hui
- comment être des fils et des héritiers
- pourquoi le don de l’Esprit Saint ?
I) L’esprit nous pousse, nous aussi, à proclamer les merveilles de Dieu, il y en a assez de la sinistrose et de l’auto flagellation ! Quelles sont ces merveilles ?
- d’abord l’Eglise, là, présente, fidèle, aimante, servante depuis 2000 ans !
- l’Eglise prophétique, courageuse, qui ne va pas dans le sens du monde (pensez à la défense de la vie, pensez à la défense de la liberté et aux propos du cardinal Zen, évêque de Hong-Kong). L’Eglise qui n’adore pas des idoles du temps présent et qui ne s’écrase pas devant les maîtres des pouvoirs divers et parfois de sociétés plus ou moins secrètes qui gouvernent la société en flattant les instincts les plus bas de l’homme !
- L’Eglise qui défend l’homme dans sa vérité, dans sa dignité de Fils « tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux là sont fils de Dieu » (Romain, 8, 8-17).
II) Et si nous sommes des fils de Dieu nous sommes des héritiers (Saint Paul aux Romains). C’est beau mais c’est exigeant ! Nous héritons, nous entrons dans la gloire du Seigneur, mais à quel prix ? Au prix de la fidélité, au prix de la vérité et dans ce monde paganisé qui nous entoure, dans ce monde où règne le « tout à l’ego » comme disait le prédicateur des routes de Vézelay la semaine dernière, nous sommes invités à nous faire tout à tous, nous sommes invités à aimer le Christ en aimant nos frères quel qu’en soit le prix ! Le prix, c’est la croix. Cette croix, c’est le chemin de l’amour dans la vérité comme l’a écrit le Pape Benoît XVI.
III) En ce jour de Pentecôte, nous pouvons proclamer les merveilles de Dieu qui nous donne son Esprit, le paraclet, le défenseur, l’avocat dont nous avons besoin parce que le procès continue !
C’est le procès de son Eglise, procès insidieux, sans procédure, sans chef d’accusation, uniquement des foules ignorantes qui nous laissent parvenir l’écho « Crucifie le ! ».
Plus que jamais, nous avons à témoigner, à rendre compte de l’espérance qui nous habite, nous avons à proclamer les merveilles que Dieu accomplit ! Soyons en conscients, c’est notre mission ! Si nous ne le faisons pas, qui le fera, qui fera connaître l’Evangile aux hommes de ce temps ? Qui fera aimer l’Eglise, humble servante des pauvres ici, mais aussi en Inde, au Laos, ….l’Eglise solidaire des opprimés, victimes des tyrans cravatés et souriants d’aujourd’hui en Corée du Nord en Birmanie et ailleurs hélas ? Qui dira à nos frères et sœurs, à nos amis qui ne savent pas qui est l’Eglise ? Qui leur dira que cette Eglise est une force de vie, de paix, de vérité, qu’elle est maîtresse en humanité comme l’a dit le concile, qu’elle est sur tout les fronts et même en prison, qu’elle est sur tous les continents, qu’elle est la route qui conduit l’homme à son accomplissement à la plénitude de ce qu’il peut donner et vivre parce qu’elle a reçu l’Esprit Saint et qu’elle est vivante ? Il faut l’aimer notre Eglise !
Rendons grâce à Dieu qui nous donne son esprit de force, de vérité, de conseil et demandons lui la force de l’accueillir dans nos vies. Que l’Esprit Saint vienne éclairer nos intelligences et ouvrir nos cœurs, qu’il mette la joie où règne la tristesse, qu’il transforme la haine en amour et nous donne la vie éternelle. Que nos vies soient belles et paisibles au regard de Dieu, chers amis !