Siloe – 4° dimanche de carême
C’est pas tous les jours facile de croire, ce serait tellement plus simple si Jésus nous faisait un signe clair, du style, je ne sais pas une bonne apparition en direct ou un SMS assez clair : « c’est moi, c’est Jésus, j’existe, tu me crois maintenant ! mdr », ou alors une guérison miraculeuse, ça c’est une preuve, une vraie preuve bien scientifique, solide, irréfutable, un bon argument pour que je crois. Tous nous demandons des signes, un jour ou l’autre nous avons été tentés de demander : « allez Seigneur c’est promis si Jésus m’apparaît ce soir pendant ma prière je croirai toute ma vie ! »
En fait Dieu nous donne assez de lumière pour croire et Il nous laisse aussi suffisamment d’obscurité pour ne pas croire. Finalement ce n’est pas vraiment lui qui est en cause, c’est nous, c’est notre aveuglement, regardez l’évangile : Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, c’est bien la différence entre les pharisiens et notre aveugle.
L’aveugle veut voir et quand il voit, il croit. Mais au fond qu’est ce qu’il voit ? Il ne voit qu’un homme : Jésus et pourtant à genoux il confesse le Fils de Dieu.
Et vous tout à l’heure vous serez comme cet aveugle, les yeux grands ouverts, émerveillés, vous ne verrez que du pain et pourtant du fond du cœur, vous direz comme lui « je crois Seigneur, tu es présent, c’est toi que je vais recevoir, amen ! »
Les pharisiens eux voient, c’est clair, (y’a même des moments ou ils aimeraient bien le voir un peu moins Jésus) ils voient Jésus, ils voient tout ce qu’il fait (c’est même ce qui les met hors d’eux) ils voient mais ils ne croient pas, en fait ils sont aveugles ce sont eux les vrais aveugles ! Ils voudraient un signe ! Mais Jésus leur en a fait des tonnes de signes, des miracles à la pelle, il a essayé toutes les catégories de miracle, la multiplication, la guérison, la délivrance, le pardon, mais c’est mort, ils ne veulent pas les voir, ce n’est pas une question d’œil c’est une question de cœur. Le regard de notre cœur, c’est lui qui nous permet de reconnaître Dieu à travers les signes qu’il nous fait. Eh oui parce que Dieu continue à nous faire des signes, tous les jours, et nous nous ne les voyons pas absorbés que nous sommes à lire notre journal, nos compte-rendus, nos cours, regarder le journal télé, rihanna se trémoussant sur les plateaux ou les recrues de la ferme des célébrités se roulant dans la boue sud africaine. Dieu nous fait des signes : chaque matin le soleil se lève et nous ne nous émerveillons pas, chaque jour nous nous levons et nous ne rendons pas grâce, nous voyons et nous nous y sommes habitués, Dieu nous fait signe dans une main tendue, un regard, un sourire échangé, Dieu nous fait signe dans notre prochain, dans sa création et nous passons à côté sans nous arrêter et le plus beau, le plus grand de tous les signes c’est quand il se donne, quand il nous donne son corps, sous l’apparence du pain et nous, nous nous avançons un peu machinalement, comme on va à la machine à café.
Si nous ne le voyons pas c’est peut-être parce que notre regard manque à la lumière, que notre cœur manque de simplicité.
Faut-il donc que Jésus lui-même vienne nous appliquer de cette boue, faut-il donc que nous allions à la piscine de Siloé ? Peut-être ? Et bien allons-y le carême est ce temps où nous voulons retirer ce qui nous empêche de voir, ce qui nous empêche de nous émerveiller, de ce que Dieu fait dans nos vies, allons à la piscine de Siloé. Facile à dire m’sieur l’abbé! Mais Jésus il est plus là pour faire de la boue et nous l’appliquer sur les yeux ! Aujourd’hui, elle est où cette piscine ? À votre avis ou est-elle cette piscine dans laquelle Jésus nous demande d’aller nous laver, où est-elle cette piscine qui purifiera le regard de notre cœur, qui nous fera voir la lumière? Où est-elle cette piscine qui nous fera reconnaître en Jésus notre sauveur et notre Dieu ?
Ne cherchez plus elle existe cette piscine de grâce, on y rentre à genoux et on en ressort debout. Elle existe, Jésus, finaud Jésus, il savait bien qu’il ne serait pas toujours là pour guérir les aveugles, alors il nous l’a laissée cette piscine : c’est le baptême, ce baptême vers lequel tu t’avances Germain et pour nous, « vieux baptisés » le sacrement de réconciliation qui est comme un second baptême, on y arrive aveugle, aveuglé par notre péché, lourd de nos fautes et on en ressort débarrassé de tout, léger et clairvoyant.
Oui mais là je vous vois ou plutôt je vous entends murmurer en vous-même : « Oui mais la confession c’est dur, j’aime pas, ça ne sert à rien », libre à vous de le croire, libre à vous de rester aveugles, mais alors ne vous plaignez pas de vous cogner. Non ! Un peu de nerf ! Courage ! Car en effet il en faut pour nous reconnaître aveugle, il en faut pour demander au Christ son aide. Mais alors si nous la lui demandons….
Comme le dit saint Paul nous sommes des fils de la lumière, nous sommes fait pour cette lumière, ne la refusons pas, laissons Jésus ouvrir nos yeux.
Amen