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La tempête apaisée - 12° TO

 

 

Tous ici nous croyons en Dieu, nous avons la foi et vu de l’extérieur c’est beau, c’est pieu, ça s’agenouille, ca se signe en entrant, ca ferme les yeux, ca joint les mains, ca lève les mains (y’a deux écoles), et pourtant si on avait ce don de voir le cœur de chacun on verrait que notre foi est bien différente de l’un à l’autre, notre attachement au christ, notre confiance en Dieu varie de l’un à l’autre. Nous pourrions même dire qu’elle varie selon les circonstances de la vie et rare sont ceux qui pourraient dire qu’ils n’ont jamais douté, qu’ils n’ont jamais éprouvé la moindre difficulté à croire, les plus grand saints eux même ont connu ces épreuves de foi, alors pourquoi on serait épargné?

 

Regardez l’Evangile, même les apôtres ont connu cette crise de foi ! Pourtant ils le connaissaient bien jésus, ils passaient leurs journées avec lui, ils pouvaient avoir confiance en lui ? Et ben malgré ça….malgré tout ça ils ont douté, malgré ça ils ont eu peur. Et bien ce doute des disciples nous apprend beaucoup de choses sur notre propre foi, sur notre propre doute aussi.

Vous remarquerez d’abord que le doute survient rarement quand tout va bien. Quand tout roule on discute avec insouciance à la terrasse des bistrots en sirotant une mousse, on se pose pas trop de questions métaphysiques, on regarde la France gagner (puis perdre) contre les blacks, on fait confiance à jésus parce qu’au fond ça ne nous engage pas trop, tu crois en lui parce que ca ne change rien à ta vie ; c’est un peu la première expérience des disciples, ils suivent jésus sur les chemins de Galilée, ils l’écoutent enseigner, ils aiment bien ce qu’il dit, mais de fait ils ne risquent pas grand-chose. Or là dans cette page d’évangile c’est différent, c’est plus chaud la tempête s’est levé, le vent contraire creuse les vagues et les apôtres risquent quelque chose : leur vie ! C’est maintenant qu’ils éprouvent leur foi, c’est là que jésus leur dit « n’ayez pas peur je suis avec vous. »

Et bien dans nos vies c’est pareil, quand tout va bien, on n’éprouve pas vraiment le besoin de se tourner vers le Christ, soit nous l’ignorons, soit nous avons mieux à faire, soit (pour les plus catholiques d’entre nous) nous lui accordons une petite place dans nos vies : le strict nécessaire, 1h le dimanche soir et 3mn avant de nous coucher (pour une prière bâclée). Mais quand l’épreuve survient, quand la tempête se lève, là bien souvent comme les apôtres nous prenons peur, là bien souvent nous nous tournons vers lui… pour le mettre en accusation. Ce Dieu que nous avions laissé bien tranquille depuis des années au fond de notre barque, ce Dieu que nous ignorions poliment, là nous l’accusons de tous les maux de la terre. L’épreuve à cette vertu de réveiller notre foi, de révéler notre foi. Parce qu’en effet nous tourner vers Dieu, même pour l’accuser c’est encore un acte de foi, malheureusement l’épreuve a bien souvent raison de notre foi, combien de fois avons-nous entendu ces gens qui devant un deuil douloureux, une mort incompréhensible, une injustice criante on dit qu’ils ne pouvaient plus croire en Dieu, en un Dieu qui laisse faire tout ça.

Dieu entend ce cri de douleur, Dieu ne nous abandonne jamais dans l’épreuve, c’est   jésus qui est là dans la barque, endormi peut être, mais bien présent.

 

Et puis il est avec des marins, c’est eux les pros, c’est eux qui savent manier la barque, eux qui connaissent les vents et les courants, c’est à eux de maîtriser la tempête, c’est leur boulot.

Et d’ailleurs quand Jésus se réveille, ils ne les interroge pas sur leur maîtrise nautique ou leur savoir faire au gouvernail, il interroge leur foi : « comment se fait il que vous n’ayez pas la foi ? » j’imagine la gueule des apôtres : « eh jésus ! C’est pas une question de foi, c’est une question de trouille oui, c’est une question de vent et de vague. T’as rien compris ou quoi !! » Et bien non c’est bien une question de foi : « si Jésus est avec nous qui seras contre nous ? » Dit saint Paul or Jésus est avec eux dans la barque, alors qu’est ce qu’il y a à craindre ? Si Jésus est avec nous qu’avons-nous à craindre ? Or Jésus est avec nous, tous les jours, et nous bien souvent nous gardons les yeux braqués sur nous, « nos vies centrées sur nous même » nous dit la seconde lecture, Jésus est avec nous et nous nous ne sommes pas avec lui.

 

Il peut arriver qu’au milieu de l’épreuve, il peut arriver qu’au milieu de nos vies Dieu nous demande des choses impossibles, des choses absolument déraisonnables: de pardonner à ceux qui nous ont fait souffrir, d’aimer ceux qui nous haïssent, de servir ceux qui nous méprisent, de donner sans compter, il demandera même a certains de s’engager derrière lui dans la voie de la pauvreté radicale pour le service de son peuple. Et à chaque fois qu’il te demande ça c’est un acte de foi extraordinaire qu’il te demande, parce qu’en toi même tu te dis : pardonner, à c’te raclure que dalle, plutôt crever ! Dieu seul peut te donner de pardonner, d’aimer, de servir vraiment et Dieu est avec toi !

 

Bien sur tu crois en Dieu, t’as la foi, mais enfin tu préfères en garder sous le pied, avoir quelque sécurité. Tu fais confiance à Dieu, bien sur, mais faut bien se l’avouer t’as quand même plus confiance en toi. Et t’as raison d’avoir confiance en toi pour un certain nombre de choses : pour ce que tu sais bien faire : étudier, organiser, assurer la poussée en mêlée fermée, gratter la guitare ou faire la fête ; mais pour le reste : pour pardonner, pour aimer, pour servir, pour donner, pour consoler…. Là tu as besoin de l’aide du christ, là tu as besoin de lui faire confiance, là tu as besoin de le mettre au cœur de ta vie.

Cet acte de foi, cette confiance c’est le travail d’une vie, n’attend pas l’épreuve pour t’y mettre, n’attend pas la tempête pour te tourner vers ton Dieu. Chaque jour il faut t’en remettre à lui, il faut remettre ta vie entre ses mains, chaque jour lui demander de t’apprendre à croire, de t’apprendre à lui faire confiance.

 

Aies confiance, celui qui a sauvé les apôtres de la noyade est plus fort que la tempête, il est plus fort, que le mal, plus fort que la mort, plus fort que ton doute, plus grand que toutes les épreuves que tu rencontreras. Il te tend la main, prends la, tiens la fermement, il te dit : « n’aies pas peur » écoute le et avance tranquillement, il est dans ta barque, avec toi.